France
Lecornu joue son va-tout sur le budget en activant l’article 49-3
En panne depuis la fin de 2025, si l’on excepte une courte reprise des travaux parlementaires en janvier – infructueuse elle aussi – l’examen du projet de budget pour l’année 2026 pourrait connaître enfin ce mardi un début de solution, à la faveur de la loi spéciale qui en avait autorisé la prolongation. Du moins si le gouvernement Lecornu, qui jouera alors son va-tout en activant l’article 49-3, comme il a été décidé hier après-midi au cours d’un conseil des ministres exceptionnel, échappe ensuite à la très probable motion de censure qui devrait suivre.
Le premier ministre Sébastien Lecornu Photo: Alain Jocard/AFP
Vendredi soir, le premier ministre avait à la fois exprimé, sur le perron de Matignon, sa déception de voir que son effort pour mieux associer le Parlement à la discussion budgétaire n’avait pas réussi à surmonter les blocages idéologiques, et son intention, pourtant, de persévérer sur la voie du dialogue. „J’ai voulu une approche nouvelle, je n’y renonce pas “, avait-il notamment déclaré.
Et de fait, son week-end aura été consacré à peaufiner de nouvelles propositions allant dans le sens des exigences des deux partis, le PS et LR, dont il a le plus besoin de s’assurer, sinon le soutien, du moins la compréhension. Et plus précisément la non-participation à une motion de censure que n’allaient pas manquer de déposer, en toute hypothèse, les deux groupes extrémistes du Palais-Bourbon: le Rassemblement national et La France insoumise. Lesquels, avait-il ajouté vendredi, „ont bloqué le travail du Parlement, chacun à sa manière, avec une stratégie cynique et profondément délibérée, préférant le blocage au travail“.