Interview
Dans son roman, David Foenkinos suit la trace de Gustave Bonsoir, un jeune homme obsédé par le désir de faire rire
Avec son 31e roman – „Je suis drôle“ – David Foenkinos livre une réflexion, grave, non dénuée d’humour sur le besoin, la nécessité de faire rire pour exister. Une comédie contemporaine, à l’heure où la bonne humeur à tout prix fait florès dans la vie comme sur les réseaux sociaux. Rencontre avec l’auteur.
Il explore l’humour: l’auteur David Foenkinos Photo: Francesca Mantovani
Tageblatt: Le jeune Gustave se rêve humoriste. Une personnalité comique vous aurait-t-elle inspiré?
David Foenkinos: On est vraiment dans une mouvance actuelle. Je vois partout autour de moi beaucoup de jeunes qui veulent faire du stand-up, qui enchaînent les comedy clubs, qui ont envie d’être drôles. Ma fille fait des vidéos avec ses copines. Il y a cette énergie, cette mise en scène perpétuelle, ce désir d’aller récolter une approbation du rire, de recueillir une émotion immédiate chez l’autre. Toute la nouvelle génération est totalement soumise à l’idée de faire du bien, d’être validée d’une certaine manière, de produire une émotion. Et l’humour, c’est finalement la version la plus rapide pour créer une émotion chez l’autre. Ces gens-là de cette génération ont peut-être plus inspiré ce livre qu’un comique ou quelqu’un en particulier. C’est vrai que les gens que j’admire le plus sont ceux qui me font rire. J’ai repensé à certains films de Lenny Bruce ou de Jim Carrey qui enchaînent les scènes comiques avec, aussi, beaucoup de fragilité, beaucoup de mélancolie. Mais là, on est face à un jeune homme qui essaie de trouver sa voie à travers le rire.