En Salles: „Yellow Letters“
İlker Çatak: „La répression culturelle n’est pas spécifique à la Turquie“
Révélé internationalement avec son film précédent „La Salle des profs“ (2023), le cinéaste allemand d’origine turque İlker Çatak dit s’être inspiré de la situation de nombreux intellectuels turcs ces dernières années. Le récit est ici supposé se passer entièrement en Turquie, mais le film assume d’être tourné entièrement en Allemagne et en langue turque. Une des prouesses marquantes de „Yellow Letters“, Ours d’Or à la Berlinale 2026. Nous avons rencontré İlker Çatak.
Le cinéaste İlker Çatak dévoile les histoires vraies qui se cachent derrière le film „Yellow Letters“ Photo: Johannes Duncker
Tageblatt: Qu’est-ce qui vous a motivé, en premier, à vouloir raconter cette histoire politique ?
İlker Çatak: Je suis un citoyen engagé. Je suis la politique au quotidien, à la télévision, dans les podcasts … Par ailleurs, que signifie élever un enfant? Se forger une identité ? Avoir une orientation sexuelle, choisir une religion? On a raconté cette histoire parce qu’on voulait montrer que la sphère privée devient de plus en plus politique. Surtout quand l’Etat agit comme vos parents à coups de „Tu peux faire ça, tu ne peux pas faire ça“ pour vous enlever votre propre liberté de penser et d’agir. Toutes les sociétés qui ont vécu le Printemps arabe étaient de plus en plus polarisées. Et pas seulement dans les pays concernés, mais dans le monde entier. L’utilisation des réseaux sociaux a aussi son importance. Au début, on se disait: „Oh, c’est un outil génial, on peut s’en servir, et ça nous permet de rester en contact.“ Et maintenant, on se rend compte qu’on est juste divisés et polarisés. Les gens qui gèrent ces plateformes ont des intérêts politiques et ils ne sont pas en phase avec ce qu’on entend par „démocratique“.